La démographie des pharmaciens au 1er janvier 2015

publié le 3 juin 2015 - 1131 vues

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Dans le cadre de sa mission de tenue à jour du tableau, l’Ordre national des pharmaciens a publié le 2 juin 2015 le recensement annuel des pharmaciens au 1er janvier 2015.

Pour Isabelle ADENOT, Président du Conseil national : « A l’heure où se joue la place des pharmaciens dans le système de santé, il est important que l’Ordre analyse au mieux les données. Cette analyse non seulement permet l’action mais permet aussi de battre en brèche des idées reçues ».

Les grandes tendances de la démographie des pharmaciens en 2014 :

Poursuite du vieillissement Comme en 2013, le nombre de pharmaciens inscrits à l’Ordre augmente à nouveau en 2014. Au 1 er janvier 2015, on compte 222 pharmaciens de plus (+0,29%) par rapport à 2014. Une augmentation principalement imputable au retardement de départ à la retraite des pharmaciens. En dépit de quelques indices positifs sur les tranches les plus jeunes, le vieillissement de la population pharmaceutique se poursuit donc inexorablement avec une moyenne d’âge de 46,6 ans Les plus de 60 ans représentent près de 10% de l’effectif total de pharmaciens et le nombre des plus de 56 ans a augmenté à nouveau de 4,5%, dépassant désormais les 20 000 ce qui représente 27% de l’effectif total des inscrits. On notera en outre que plus de 2 000 pharmaciens exerçant ont 66 ans et plus (75% d’entre eux sont en officine), un chiffre qui a doublé en 10 ans.

Concentration des structures d’exercice En 2014, la profession s’adapte également aux contraintes économiques et aux évolutions professionnelles en rationalisant ses structures d’exploitation

Laboratoires de biologie médicale : La biologie médicale poursuit sa concentration; le nombre de structures juridiques possédant des laboratoires de biologie médicale (LBM) ayant été réduit de moitié depuis 2010. 4% des structures ont plus de 20 sites.

Officine : Une officine ferme toujours tous les 3 jours. Les titulaires utilisent à plein les nouvelles formes de sociétés (8 053 SEL et 479 SPFPL – dont 3,5% ont un pharmacien adjoint salarié dans le capital). Les transferts et les rachats d’officine en vue de leur fermeture restent les principaux modes de restructuration spatiale du réseau dont le maillage territorial reste toujours harmonieux (3 968 officines dans les communes de – de 2 000 habitants, 3 688 dans les communes de 2 000 à 5 000 habitants.)

Industrie et distribution en gros : Malgré la concentration des entreprises, le nombre d’établissements se maintient et le taux de présence moyen des pharmaciens se renforce.

Etablissements de santé : Ils connaissent une concentration juridique illustrée par l’augmentation de 25% du nombre de Groupements de Coopération Sanitaire (ils passent de 47 en 2013 à 59 en 2014) et continuent de recruter.

Les tendances par métiers

Le dynamisme de l’exercice salarié demeure soutenu pour les effectifs des pharmaciens exerçant en établissements de santé (+3,6%) et dans une moindre mesure dans l’industrie (+1,5%) et la distribution (+2,2%) et les adjoints d’officine (+1,2%). L’exercice libéral des pharmaciens titulaires d’officine (-0,6%) et celui des pharmaciens biologistes médicaux (-0,7% au sein des LBM) restent pratiquement stables. Outremer, la progression du nombre de pharmaciens est quant à elle plus modérée en 2014 que les années précédentes (+0,7% contre 2,8% en 2013.)

Certaines idées reçues sur l’officine sont battues en brèche

Les jeunes pharmaciens ne veulent/peuvent plus devenir titulaires d’officine. => Faux : en 2014, près de 740 pharmaciens jamais inscrits en section A au préalable sont devenus titulaires, dont 56% ont moins de 35 ans.

Les pharmaciens titulaires d’officine se vendent entre eux les officines, sans laisser la place aux jeunes. => Faux : en 2014, 976 cessions en métropole à rapprocher des 740 nouveaux inscrits section A ci-dessus.

Les pharmaciens titulaires d’officine ne veulent plus du modèle « profession libérale ». => Faux : 16 558 officines (76%) sur 21 772 en métropole ont UN seul titulaire même si la forme sociale (société ou non) peut être diverse. En moyenne, 1,26 titulaire par officine en métropole. En complément, en moyenne 1,05 pharmacien adjoint (sans compter les pharmaciens intérimaires).

De très « grands groupes » de pharmacies existent. => Faux : 375 titulaires ont des participations dans 2 et plus autres SEL, 89 SEL ont des participations dans 2 autres SEL. 48 pharmaciens sont investisseurs individuels dans des SPFPL dans lesquelles ils n’exercent pas. En revanche, 2 982 pharmaciens titulaires et SEL ont au moins 1 participation dans une autre SEL et 89% des SPFPL ont des pharmaciens investisseurs en exercice dans une SEL détenue par la SPFPL.

Les pharmacies ne ferment pas en IDF. => Faux : l’Ile-de-France a perdu 320 officines en 10 ans (dont près de 100 à Paris où il y a 1 officine pour 2 300 habitants en moyenne mais par exemple 1/4320 dans le 19ème, 1/3507 dans le 13ème ou 1/3462 dans le 20ème). Parallèlement, par exemple, la région Alsace a perdu 2 officines, la Champagne Ardennes 14 et la Franche-Comté 9.

Plus d’information sur www.ordre.pharmacien.fr