Tous connectés, jusqu’à quel point ?

publié le 6 octobre 2015 - 853 vues

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Près de 9 Français sur 10 sont favorables aux objets connectés dans leur quotidien et, a fortiori, dans le domaine de la santé. Mais 3 sur 10 craignent pour la sécurité de leurs données de santé. Les objets connectés dans le domaine de la santé sont actuellement les plus vendus en France. État des lieux des attentes des consommateurs et revue de tendance des dernières prouesses technologiques.

L’engouement pour les applis mobiles de santé ne fait que confirmer l’essor de ce marché tant pour les médecins que pour les patients. L’Observatoire Vidal des usages numériques en santé (2014) constate cette tendance : plus de 64 % des médecins les utilisent dans leurs prescriptions et 20 % en conseillent l’usage à leurs patients. Le développement des objets connectés en matière de santé suit la même tendance. Les Français sont unanimement convaincus sur l’utilité des objets connectés, mais 84 % de consommateurs demandent l’accompagnement d’un professionnel de santé lors de l’achat d’un tel produit, tel est  le constat du sondage Observatoire ATOL-IFOP (septembre 2015) réalisé lors du lancement des fameuses lunettes connectées.

En effet, du grand groupe informatique à la start-up, chaque jour ou presque voit arriver un nouveau produit ou la réplique d’un autre bien moins cher. Comment s’y retrouver dans cette palette d’offres qui propose de mesurer sa forme sous toutes les coutures ou de contrôler son diabète ?

Le site www.1001pharmacies.com a analysé les motivations des consommateurs pour l’utilisation de ces objets. À part égale, 65 % des sondés souhaitent utiliser ces objets pour suivre leurs activités physiques et performance, pour prévenir certaines maladies. Coach sportif, auto-mesure de la pression artérielle, surveillance du bébé, suivi du sommeil et du poids portent actuellement ce marché. Pour autant, comment juger de la pertinence de tel ou tel outil pour telle ou telle pathologie ? Il faut que patients et médecins soient formés à ces nouvelles technologies et puissent échanger sur l’opportunité ou non de se doter d’un objet connecté santé. Cependant, là encore, les trois quarts des médecins sont favorables à ces appareils, plébiscitant même l’autodiagnostic ! Bien qu’ils mettent en garde leurs patients sur l’incertitude de l’anonymisation des données et de leur circulation, ils souhaitent que cette révolution technologique entraîne une plus grande responsabilisation des patients dans la prise en charge de leur maladie, du suivi de leurs traitements et les considèrent comme des partenaires dans les actions de prévention, notamment dans l’obésité, le diabète ou l’hypertension. C’est ce que l’on appelle le « quantified self » qui concerne aussi les biens portants.

En effet, on estime que 1,3 million de vies pourraient être sauvées dans le monde d’ici à 2020 grâce à ces appareils portables. Si en France, ils ne sont pour l’instant prescrits qu’à 5 % des patients, 25 % de Français en sont déjà dotés. La prise en charge par les mutuelles (très actives sur le secteur) et le remboursement par la Sécurité sociale vont les rendre très rapidement accessibles à tous. Le Conseil national de l’Ordre des médecins dans son livre blanc pour la santé connectée, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), la Commission Open Data en Santé du ministère des Affaires sociales et de la Santé veillent en matière d’éthique et de sécurité sur ce marché qui représente déjà en France plus de 3 millions d’objets connectés santé utilisés.

La France, pionnière mondiale de l’innovation

Une fois n’est pas coutume, mais les « bleus » peuvent se targuer d’avoir remporté la palme d’or au Consumer Electronic Show (CES) qui se tenait en septembre dernier à Las Vegas. La French Touch a marqué tant par le nombre de ses participants que par la suprématie de ses innovations. D’après le magazine américain « Wired », quatre des huit objets les plus fascinants ont été réalisés en France. En ce qui concerne la santé, on retiendra les 5 innovations suivantes.

Le sommeil vu par la start-up française Withings
Après avoir créé les premières balances et tensiomètres connectés pour mesurer l’activité cardiaque et les calories dépensées, Withings présentait en avant-première un capteur de sommeil à placer sous le matelas pour mesurer la respiration. Les résultats obtenus sont transmis à une lampe qui diffuse une lumière adaptée en fonction des phases d’endormissement et de réveil.

Les calories brûlées selon Archos
Si les mesureurs de calories existaient déjà dans les objets connectés, la société présentait une balance, un bracelet et un tensiomètre. Le tout mesure la masse corporelle, calcule le nombre de pas effectués et les calories brûlées et synthétise les indicateurs de forme.

Le pilulier
Si de nombreux fabricants proposent déjà des piluliers, celui de Medissimo va plus loin car il transfère les informations sur les prises journalières au médecin ou à la famille. En outre, il permet de suivre les lots de médicaments et de recevoir une alerte en cas de problème majeur.

Se protéger des ultraviolets avec Netatmo
Un bracelet, en forme de bijou, bientôt décliné pour tous les membres de la famille mesure le taux d’ensoleillement du lieu où se trouve son porteur et indique le taux d’ultraviolets.

La brosse à dents magique par Kolibree
Enfin, une brosse qui travaille pour chacun d’entre nous en nous permettant d’améliorer la qualité de brossage grâce à des capteurs…

Certes, on n’arrête pas le progrès, mais on peut se demander si certains gadgets n’occultent pas le véritable service apporté aux bien-portants et aux patients. Permettons, sans être exhaustifs, de rappeler que les objets connectés sont avant tout utiles pour ceux qui souffrent de maladies chroniques ou d’affections de longue durée (à 70 %), pour les personnes âgées fragiles (31 %) et pour les seniors actifs (22 %).

Article lu sur http://www.guidepharmasante.fr  et publié le 30 septembre 2015