Le regard des Français sur l’E-Pharmacie et les objets connectés santé

publié le 18 août 2015 - 1041 vues

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Le regard des Français sur l’E-Pharmacie et les objets connectés santé

Sondage Ifop pour le Groupe PHR Janvier 2015

Un peu plus d’un Français sur dix (13%) possède actuellement un objet connecté santé. La proportion de personnes équipées s’avère légèrement plus importante parmi les cadres et professions libérales (16%), mais surtout au sein des personnes âgées de 18 à 24 ans : plus du quart (27%) indiquent posséder ce type d’objet permettant de capter des données relatives à leur santé. Seuls 3% des Français ont un objet connecté santé mais ne l’utilisent plus, principalement en raison d’un recours trop peu fréquent à leur goût.

Qu’il s’agisse des motivations pouvant conduire à l’achat d’un objet connecté santé ou des garanties apportées par la possession d’un tel objet, les Français affirment percevoir trois domaines dont ils pourraient bénéficier :

– Le suivi de sa santé tout d’abord, considéré comme un des avantages des objets connectés santé par 79% des personnes interrogées. La surveillance et la mesure de leur constantes sont par ailleurs mentionnées par respectivement 44% et 37% des interviewés comme faisant parties des principales raisons pouvant les conduire à acquérir un tel objet. Le suivi d’une pathologie chronique (31%) ou, dans une moindre mesure, le suivi de l’état de sa vaccination (13%) émergent également comme des motivations à l’achat. La disponibilité immédiate de ces informations conduisent près de 3 Français sur 4 à affirmer que la possession d’un objet connecté santé leur permettrait de bénéficier d’un plus grande autonomie (72%). Plus de 6 interviewés sur 10 estiment également que ces objets les aideraient à devenir le principal acteur de leur santé (63%).

– Une majorité de Français considère que la mise à disposition directe de données relatives à leur santé constituerait le meilleur moyen de préserver sa santé (59%). La volonté de rester en bonne santé est par ailleurs citée comme une motivation à l’achat d’un objet connecté par 36% des personnes interrogées.

– Troisième composante sous laquelle sont appréhendés les avantages liés à la possession d’un objet connecté santé, le partage de l’information mesurée avec un professionnel de santé tient une place prépondérante. Près de 3 Français sur 4 estiment en effet que les objets connectés favorisent ces échanges (73%) et les possibilités de partager de l’information avec son médecin d’un part ou son pharmacien d’autre part sont identifiées comme des facteurs déterminants dans l’acquisition d’un objet connecté par respectivement 39% et 8% des personnes interrogées.

Cet écart de perception entre le rôle du médecin et celui du pharmacien comme destinataires des variables mesurées par un objet connecté santé se confirme par le type de personne jugé le plus compétent pour l’interprétation et l’analyse des données produites par les objets connectés santé : le médecin émerge en effet comme le référent principal (50%), quand 3% des Français citent le pharmacien seul. Le rôle du pharmacien n’est cependant pas totalement ignoré, puisque pour un plus d’un tiers des personnes interviewées (37%), le traitement de ces données devrait nécessiter l’intervention conjointe de ces deux professionnels de santé.

Autre signe que le pharmacien n’est pas exclu de l’utilisation des données recueillies par un objet connecté, 77% des Français affirment être disposés à partager les informations collectées avec leur pharmacien afin de disposer de conseils personnalisés (dont un quart fait montre d’une disposition ferme). Concernant le type d’informations que les personnes interrogées fourniraient le plus facilement, on trouve les données d’ordre médical, comme les traitements suivis (88%) ou des informations de base, comme son poids ou son groupe sanguin (75%), bien davantage que des données relatives à son rythme de vie, telles que des données concernant son sommeil (69%) ou son activité physique (61%). Près de deux personnes sur trois se déclarent également prêtes à partager avec leur pharmacien l’historique de leur rendez-vous avez les autres professionnels de santé (64%).

Concernant les objets connectés et les différents services pouvant être proposés en pharmacie, les Français portent un regard positif sur les évolutions envisagées en matière technologique. Ils formulent des attentes certaines à l’égard de nouveaux modes de communication avec les professionnels de santé mais également à l’égard des produits et informations disponibles en pharmacie. Ils font ainsi montre d’une disposition réelle à l’adoption de nouvelles manières de vivre leur santé et les relations entretenues avec les officines et les professionnels de santé, dans le but de bénéficier d’un meilleur d’niveau d’information.

Les Français apparaissent favorables au développement de contacts dématérialisés et à distance avec certains professionnels de santé. Une majorité fait part de son accord pour être contacté par sms ou email par leur pharmacien ou leur médecin a propos de plusieurs informations relatives à l’organisation de leur soins. 83% indiquent souhaiter être informé de la préparation de leur commande et 72% aimeraient être avertis lors de la confirmation d’une prise de rendez-vous. Les informations en lien avec les objet connectés sont attendues par 6 Français sur 10, qu’il s’agisse d’une modification de la posologie de leur traitement en fonctions des données recueillies par leur pharmacien (60%) ou encore de la possibilité de bénéficier de conseils santé (60%). Les informations concernant l’actualité de la pharmacie semblent être un peu moins séduisantes au yeux des personnes interrogées, environ 4 personnes sur 10 acceptant d’être contacté pour être mis au courant d’une offre promotionnelle, d’une animation, d’une nouveauté produit ou encore de la présence de spécialiste au sein de l’officine de pharmacie. Outre cette communication par voie électronique, une appétence pour la mise en place de consultations en vidéo-conférence se fait jour, s’affirmant néanmoins avec plus de force s’agissant du médecin (57%) que du pharmacien (48%) ou encore d’une diététicienne (43%).

Alors que les interviewés se révèlent particulièrement demandeurs de la mise en place d’un espace confidentialité (76%) et d’un espace prévention (74%) en pharmacie, plus des deux tiers se montrent favorables à la création d’un espace digital (67%). Pouvant prendre la forme d’applications santé disponibles via des écrans présents au sein de l’officine, les Français attendent avant tout, de manière spontanée comme de manière assistée, de pouvoir y consulter différentes informations à propos des médicaments, des traitements suivis ou des petites pathologies. Par ailleurs, une autre attente exprimée concerne la possibilité de pouvoir commander, voire régler leurs médicaments directement via ces bornes, désir également explicité à travers le souhait de la mise en place d’un espace libre service (68%) et de celui de disposer de davantage de médicaments non-remboursés en libre accès (53%).

L’appétence des Français pour les objets connectés santé est réelle, et bien que le taux d’équipement reste pour le moment faible, près de deux personnes interrogées sur trois (65%) voient positivement la création d’un espace dédié à ces produits au sein de la pharmacie. La mise à disposition d’appareils permettant de mesurer les constantes constituent les attentes les plus fortes, en particulier le tensiomètre (58% de citations au total) et, dans une moindre mesure, un lecteur de glycémie (35%) ou encore un outil permettant de l’analyse du sommeil (30%).

Le site Internet adossé à certaines officines suscite également des attentes conséquentes, les services dématérialisés les plus populaires étant le renouvellement d’ordonnance en ligne (50%) ainsi que la possibilité de pouvoir commander en ligne (39% pour une livraison à domicile et 35% pour un retrait des médicaments en officine). Notons encore l’importance particulière accordée à la mise à disposition d’informationssur les questions de santé (30%).

Les Français démontrent un vif intérêt pour l’e-santé et les objets connectés :

o 13% des Français possèdent un objet connecté de santé, surtout les jeunes (27% des 18/24 ans) et les cadres et professions libérales (16%)

• Utilisateurs ou pas, ils identifient 3 avantages majeurs :
o Un échange facilité avec un professionnel de santé (73%)
o Un suivi optimisé de sa santé pour près de 8 Français sur 10 (79%) grâce notamment à davantage d’autonomie (72%)
o Une amélioration de la prévention pour près de 6 Français sur 10 (59%)

• Dans la pharmacie de demain, les Français demandent plus de « connectivité » :
o Via un espace digital fournissant informations et conseils santé (67%)
o Via la vente d’objets de santé connectés (65%)
o Via des applications santé

• Les professionnels de santé sont perçus comme les interlocuteurs privilégiés pour transformer ces données brutes en « coaching santé » :
o Près de 8 Français sur 10 (77%) sont prêts à partager leurs données santé avec leur pharmacien

• Ils attendent aussi un rôle accru de conseil de la part du pharmacien et du médecin pour analyser ces données :
o Seuls 10% des Français se déclarent à même d’interpréter seuls les données santé des objets connectés
o Pour 37% des Français, le médecin et le pharmacien sont les plus à même de remplir ce rôle

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